Newsletter 
GUIDE 37 Des idées plein la Touraine
Mourir ou vivre (5 février 2008) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

 

 

Avez-vous remarqué comme il suffit d’un enterrement pour encenser un défunt et mettre côte à côte les ennemis d’hier et les amis de toujours ?

Avez-vous remarqué comme nous sommes experts pour commémorer avec profusion d’argent public des évènements que même nos ancêtres ont ignoré ?

Avez-vous remarqué notre prédisposition à montrer de la repentance sur des « erreurs » alors que nous n’étions même pas nés ou n’avions aucun pouvoir ?


Oui la MORT accomplit ce miracle de faire oublier les différends, d’inoculer le remords, de faire jaillir la conscience, mais pourquoi ne pas tirer les leçons du passé, ne pas apprendre de la VIE quand il en est encore temps, pourquoi montrer autant de lâcheté et de complaisance quand nous possédons un pouvoir ?


Je viens d’apprendre 2 nouvelles :

  • le gouvernement a publié un arrêté en catimini : les chasseurs de gibiers migrateurs peuvent s’attaquer aux oies jusqu’au 10 février, c’est à dire pendant leur migration et au pigeon ramier jusqu’au 20!. Bien entendu, personne n’est dupe : chasser les oiseaux pendant leur période de migration prénuptiale est interdit par le droit français, est en totale infraction vis-à-vis de la directive européenne « oiseaux », est une aberration écologique et cynégétique. Mais pour quelques voix, que ne ferait-on pas ?

  • L’association Kokopelli a perdu ses 2 procès et est lourdement condamnée : 12000€ à verser au grainetier Baumaux et 23000€ pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).


Qu’a bien pu faire cette association pour mériter pareil châtiment ?

Pour le comprendre, il faut revenir sur sa naissance : des jardiniers amateurs et des producteurs de semences ont pris conscience dans les années 90 des drames que générait dans les pays du Sud l’adoption de l’agriculture productiviste : érosion des sols, pollution généralisée, dépendance vis à vis des semences hybrides et les conséquences inéluctables : endettement, famine, migration des paysans vers les bidonvilles des grandes villes. Avec ce sens du partage qui anime tout jardinier amoureux de son travail, ils ont eu l’idée toute simple de prélever des semences de leur propre récolte et d’en faire le don sur toute la planète aux pays les plus pauvres. Le mouvement s’est intensifié dans ses dons et dans son organisation. L’association a développé des ateliers de formation à la production de semences en Inde, au Sri Lanka, au Niger, au Burkina Faso, au Maroc, en Tunisie, au Sénégal… Elle a pris conscience au cours de ces actions de l’urgence qu’il y avait à préserver aussi toute cette biodiversité végétale qui assurait l’autonomie alimentaire à des peuples si variés de par le monde. 2500 espèces de ces semences anciennes, porteuses de toute une richesse évolutive, reproductibles et adaptables à de très nombreuses conditions de culture sans le soutien de l’agrochimie ont ainsi été sauvées. Ces espèces commercialisées se perpétuent ainsi à travers un réseau de jardiniers reproduisant le cycle de la Vie. Mais ne voilà-t-il pas que la société Baumaux a pris ombrage de ces actions et a accusé Kokopelli de commercialiser des variétés non inscrites au catalogue officiel, c’est tout. Je vous invite à consulter les détails du procès sur leur site.


Ces 2 décisions viennent démentir l’espoir qui germait dans nos cœurs après le jugement du TGI de Paris dans le procès de l’Erika : Le préjudice écologique y est enfin reconnu pour la première fois, les oiseaux et les poissons ont le droit de vivre !


Mais maintenant nous devons craindre le pire dans ce qui suit : le sénat examine le projet de loi le 5 février et l’assemblée nationale à partir de fin mars pour une adoption avant fin juin.

En quelques lignes, cette loi devrait être la transposition de la directive 2001/18 qui confiait aux états le soin de « prendre les mesures nécessaires pour éviter la présence d’OGM dans d’autres produits ». En fait, elle est une nouvelle loi qui prétend légiférer sur la « coexistence » entre filière OGM et non OGM.

Or, les expériences menées en Amérique et en Europe (Espagne et France) ont largement démontré que la pollution transgénique est incontrôlable, irréversible, diffuse et cumulative (autrement dit : ne connaît pas de limites spatiales, de barrières d’espèces et s’accumule au fil des générations, sans que l’on n’ait les moyens de prévoir la forme qu’elle prendra.). La population la rejette massivement (86% des français, 62% des agriculteurs).

Les seules études indépendantes ont été réalisées par le CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendante sur le GENie GENétique) et ce dernier a alerté l’état et les producteurs d’OGM contre un certain nombre de risques avérés et un nombre non moins grand de risques supputés de par la synthèse même de ces corps.(voir leur site)


Allons-nous laisser ces Frankenstein arrogants et omnipotents nous déposséder de notre patrimoine agronomique et génétique ?


Pour vous informer davantage et interpeller vos représentants politiques :

France Nature Environnement : www.fne.fr

 

Pour vous opposer aux OGM en général : www.ogm-jedisnon.org , www.stop-ogm.org

 

 

Dominique ROBERT

 

Chronique "A vous de jouer"

5 février 2008