| Les préfixes bio- ou éco |
|
|
|
|
Tout ce qui était honni hier, aujourd’hui est glorifié.
Il en va ainsi des préfixes bio- ou éco- que l’on mêle à toutes les sauces pour ajouter du « vert » à un produit, un service, un concept et pourtant les anciens se souviennent de l’opprobre qu’ils jetaient sur eux. Je ne m’en plaindrai pas, mieux vaut tard que jamais, toutefois dans cette société de l’emballage superfétatoire, on a parfois bien du mal à y retrouver ses petits.
Tout récemment, à quelques heures d’intervalle, j’entends ces propos :
Oui, Mr X. vous avez parfaitement raison d’en avoir marre de cette pléthore de logos, de certifications, de règlements dans lesquels chacun de nous se perd ; ça vous parle à vous, le CO2 en tonnes, le marché international… ? Dans ma petite vie, ce ne sont que des mots sans âme, quelques pièces d’un puzzle que je préfère considérer dans son entier. Certains ont défini la notion d’ « empreinte de l’homme sur l’environnement » et pour moi cette notion est beaucoup plus signifiante. Qu’est-elle donc ?
C’est tout simplement la superficie nécessaire à un humain pour vivre en équilibre avec son milieu sans l’épuiser. Ces superficies varient évidemment avec le mode de vie des populations. Ceux qui ont défini ce concept se sont efforcés de calculer l’empreinte à l’échelon d’un pays. Retenons les derniers chiffres concernant la France : le territoire offre 0,8 ha à chaque habitant, et l’empreinte du français est de 2,2 ha. Dis autrement : nous avons droit à un gâteau et nous en mangeons 2 et demi. D’où viennent les 3 moitiés supplémentaires ? Elles sont achetées ? volées ? troquées au reste du monde ?
Si nous reconsidérons les situations de départ à la lumière de ce concept, elles prennent une tout autre signification :
C’est bien cette notion qui mérite d’être retenue, qui joue le rôle de dénominateur commun permettant la comparaison entre les situations et les objets. Pour moi, elle mérite sa place dans le tableau des mesures enseignées dès l’école primaire. Nous aurons souvent l’occasion d’y revenir.
A nous maintenant de garder en filigrane cette vision pour - mieux peser chacun de nos choix personnels - mieux peser chacune de nos revendications dans nos lieux de vie ou de travail - mieux interroger chaque proposition susceptible de nous interpeller.
Chronique relative à l'environnement A Petits pas 30 janvier 2008
|