Newsletter 
GUIDE 37 Des idées plein la Touraine
Les guides thématiques
Châteaux

Rechercher

Château d'Amboise

Château d Rechercher l'itinéraire
Rampe Château
37400 Amboise
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
site Web
08 20 20 50 50
02 47 57 52 23

 

 

 

A part l'une de ses grosses tours et une partie de l'enceinte, le château d'Amboise a été complètement restauré et n'offre plus que l'intérêt d'une habile reconstitution. Celle-ci fut nécessitée par l'état de demi-ruine dans laquelle se trouvaient les bâtiments qu'on a pu sauver et qui représentent seulement une partie de l'ensemble du palais tel qu'il était sous Louis XII et François Ier. Cette restauration, commencée à la fin du siècle dernier et qui vient d'être achevée, est due à l'architecte Ruprich-Robert. Les « témoins » anciens qui ont été conservés prouvent qu'elle fut généralement effectuée avec fidélité. Seul le couronnement de la tour des Minimes, entièrement reconstruit, peut prêter à la critique par sa fantaisie.


L'enceinte du château d'Amboise a une forme triangulaire. Au nord-ouest et au sud-ouest la muraille suit le flanc de l'éperon rocheux qui supporte la forteresse. A l'est elle coupe le plateau transversalement.


Au nord-ouest, du côté de la Loire, on rencontre en partant de l'angle nord-est, d'abord une courtine épaulée par trois avant-corps rectangulaires et qui soutient les terrasses des jardins. Elle aboutit à l'énorme tour des Minimes commencée par Charles VIII et terminée par François Ier, d'un diamètre de 20 mètres et qui servait d'accès principal au château, grâce à sa rampe en pente douce. A sa base plongeant dans les douves, s'ouvre une porte, restaurée, flanquée de pilastres soutenant un couronnement crénelé, et qui était précédée d'un pont-levis. La tour est percée de hautes fenêtres en plein cintre éclairant la rampe. Son couronnement comprend un double étage de chemin de ronde protégé par de larges merlons, reconstruction neuve et dont l'identité avec l'état primitif a été contestée. L'intérieur en sera visité ultérieurement.


Au delà de la tour la haute muraille constitue le socle des bâtiments actuels du château. Elle est percée à sa base d'un couloir voûté qui relie la douve du nord-ouest au fossé du sud-ouest, maintenant presque entièrement comblé. Elle aboutit à une tour cylindrique qui flanque l'angle occidental de l'enceinte et qui fut construite par Louis XI. Cette tour, restaurée, et de 8 mètres de diamètre, contient un escalier qui descendait aux fossés et est couvert d'une voûte de briques.


De cette tour l'enceinte s'infléchit vers le sud-est, parallèlement à l'Amasse. Non loin de l'angle, elle est flanquée d'une tour cylindrique, plus petite que la précédente et pleine, et qui est due elle aussi à Louis XI. Au delà un avant-corps très saillant supporte la chapelle Saint-Hubert. Celle-ci fut élevée par Charles VIII, mais la fortification sous-jacente date de Louis XI. Au-dessous et dans l'angle rentrant, s'ouvre une haute porte en arc brisé, entrée actuelle du château, et datant du xve siècle.


A l'est de la chapelle, la courtine est renforcée par des arcades et par un avant-corps quadrangulaire sous lequel s'ouvre le couloir voûté d'un berceau en plein cintre qui a été signalé ci-dessus et qui aboutit aux douves du nord-ouest, près de la tour des Minimes. Elle supportait autrefois le château élevé par Charles VIII et dont il ne reste plus que l'étage inférieur. Elle aboutit à la tour Hurtault ou de César, qui nous est parvenue sans restauration, et qui renferme, comme la tour des Minimes, une rampe assez douce pour en permettre l'accès aux chevaux. Sa base est percée, comme celle de sa congénère, d'une porte qui était autrefois précédée d'un pont-levis et qui est flanquée de deux pilastres supportant une loggia en encorbellement avec crénelage. Cette loggia est décorée d'un double étage d'arceaux trilobés. Sous la voûte sous-jacente, soutenue elle-même par une croisée d'ogives et précédée d'une arcade en tiers-point décorée de feuillages, un panneau surmonte la porte, décoré d'un sentis héraldique mutilé, mais où l'on reconnaît les épées flamboyantes adoptées par Charles VIII après la prise de Naples. Sur ce fond se détachaient les blasons du roi et d'Anne de Rretagne, avec le collier de Saint-Michel. La tour Hurtault, dont l'intérieur sera visité ultérieurement, est couronnée d'un chemin de ronde de 2 m. 60 de large, reposant sur un entablement très saillant, soutenu par des corbeaux Renaissance. Elle est couverte, non d'une plate-forme, comme la tour des Minimes, mais d'une toiture conique de faible hauteur.
La muraille de cette tour présente à l'est l'amorce de la courtine qui devait continuer l'enceinte de ce côté. Cette amorce indique l'interruption des travaux de Charles VIII. La muraille actuelle, élevée en retrait au flanc du coteau date de Louis-Philippe. Elle rejoint les murs du xvc siècle qui forment l'angle sud-est de l'enceinte.
Le côté oriental de celle-ci est constitué par une muraille du xve siècle, doublée de douves larges de 27 mètres et profondément creusées dans le plateau. Dans cette muraille s'ouvre une porte fortifiée, dite porte des Lions en raison d'un motif décoratif qui l'ornait. Cette porte comprend une baie charretière et une poterne qui a été condamnée, l'une et l'autre munies d'un pont-levis qu'a remplacé aujourd'hui un pont dormant. Au nord elle était contiguë à un corps de garde, maintenant en ruines. Au delà des douves, cette entrée orientale du château, la plus vulnérable, était en outre défendue par un bastion triangulaire de 60 mètres de long entouré de fossés, et muni sur ses deux faces de casemates voûtées où descend un escalier logé dans l'angle méridional. Le couloir est éclairé seulement par des meurtrières. A la pointe du bastion une poterne permettait de descendre dans les fossés.
On pénètre maintenant dans le château par la grande baie en tiers-point ménagée dans la courtine sud-ouest, dans l'angle rentrant formé par l'avant-corps soutenant la chapelle. Cette baie, qui date de Louis XI, est l'ouverture d'un long couloir ascendant, voûté d'un berceau brisé en briques, à trajet courbe, qui franchit toute l'épaisseur de la fortification. Il était primitivement destiné à permettre aux habitants d'Amboise l'accès à la collégiale Saint-Florentin située dans l'enceinte et alors église paroissiale. Cette destination fut supprimée par Louis XI après la construction de l'église Notre-Dame-en-Grève, église Saint-Florentin actuelle.
A droite de ce couloir, sous la chapelle, et à gauche de l'entrée, dans l'épaisseur de la muraille, sont ménagés des appartements. Louis XI avait même fait installer un oratoire dans l'avant-corps qui supporte la chapelle Saint-Hubert. Le couloir voûté est continué par un couloir à ciel ouvert qui aboutit à h. petite cour inférieure limitée au sud par l'étage inférieur du logis de la reine, dont les étages supérieurs ont disparu et qui fut l'œuvre de Charles VIII. De cette cour on accède aux terrasses supérieures d'où l'on visitera les différents bâtiments constituant le château actuel proprement dit.
On commencera cette visite par celle de la chapelle Saint-Hubert restaurée. Elle fut édifiée par Charles VIII et terminée en 1493. Certains archéologues l'ontdésignée par erreur sous le nom de « chapelle Saint-Biaise », la confondant ainsi avec une chapelle fondée par Louis XI dans la collégiale Saint-Florentin. Construite sur plan en forme de croix latine, la chapelle Saint-FIubert a sa façade épaulée aux angles par des contreforts à niches, et occupée presque totalement par la porte et le tympan inscrit dans l'arcade en tiers-point qui la surmonte. Les deux baies de la double porte, en anse de panier, sont séparées par un trumeau offrant comme les pieds-droits une niche veuve de sa statue. Ces niches sont surmontées d'un dais ; leur socle est décoré de feuilles de chardon, de chêne ou de vigne. Les vantaux des portes sont anciens et décorés d'une arcature flamboyante.
Au-dessus de la porte un linteau haut de 0 m. 60 est décoré d'un bas-relief, et représentant à gauche la légende de saint Christophe et à droite la légende de saint Hubert. Au tympan, qui est moderne, est figurée la Vierge à l'Enfant encensée par des anges et ayant à ses pieds les fondateurs agenouillés : Charles VIII et Anne de Bretagne. Ce tympan a remplacé un remplage rayonnant datant de Louis-Philippe. La décoration primitive du tympan est inconnue.
La chapelle est composée d'une nef, d'une unique travée, continuée par un transept et une abside à trois pans. Les voûtes sont soutenues par des croisées d'ogives avec liernes et tiercerons. Elle est éclairée par des fenêtres à remplage flamboyant munies de médiocres vitraux modernes. Tout autour de l'oratoire règne une frise d'une grande richesse, véritable dentelle de pierre. En haut, des baldaquins ne sont pas moins fouillés que le reste de l'ornementation intérieure de la chapelle. Dans le pavage du bras méridional du transept est encastrée une dalle couvrant, comme l'indique l'inscription qu'elle porte, des ossements retrouvés à la place de l'ancienne collégiale Saint-Florentin. On suppose que parmi eux se trouvent ceux de Léonard de Vinci.


A l'ouest de la chapelle Saint-Hubert et jusqu'à la tour d'angle, se trouvaient des bâtiments qui ont disparu et qui comprenaient vraisemblablement les cachots où fut enfermé Fouquet, si l'on en juge par le récit de La Fontaine. A leur place règne une terrasse d'où l'on accède aux plates-formes couronnant maintenant les deux tours de Louis XI. Les bâtiments d'habitation du château qui ont subsisté et dont on examinera maintenant les façades donnant sur les cours se trouvent au nord, du côté de la Loire. Us comprennent deux corps de logis principaux, perpendiculaires l'un à l'autre. L'un parallèle au fleuve est dû à Charles VIII ; l'autre, en retour d'équerre vers le sud, fut commencé par Louis XII et achevé par François Ier. Ces bâtiments ont été complètement restaurés.


La façade méridionale de l'aile du nord est la plus sobre. On remarque au tympan du gable de ses lucarnes l'épée flamboyante de Charles VIII. Primitivement un balcon de bois régnait au premier étage, balcon d'où la Cour royale assista au massacre des conjurés d'Amboise.


A la base de cette façade on a restitué la partie septentrionale de l'ancien fossé du château féodal. Ce fossé dont le reste a été comblé, se continuait rectilignement vers le sud et aboutissait à une muraille qui le séparait du couloir d'accès au château. C'est dans ce fossé, où l'on jouait à la paume, que donnait la galerie désignée par Commines sous le nom de galerie « Haquelbac », et où Charles VIII se heurta le front au linteau d'une porte. Cette galerie et la porte fatale existent encore très probablement, enfouis sous le remblai qui constitue la cour actuelle.


L'aile Louis XII, en retour d'équerre, dont l'étage supérieur est l'œuvre de François Ier et qui est prolongée au midi par une construction moderne, a ses deux façades inégales d'un étage, en raison de la différence de niveau des cours. A chacune de ses extrémités sa façade orientale est flanquée d'une tour cylindrique contenant un escalier. Les pièces de l'étage inférieur de cette aile servaient d'offices. Au rez-de-chaussée, formant premier étage sur la cour de l'ouest, régnait une vaste salle, divisée maintenant par des cloisons, et où l'on remarque la riche décoration de l'embrasure des fenêtres donnant au levant : caissons de fleurs de lis et d'hermines et troncs d'arbre ou bâtons de pèlerin formant tores, supportant au sommet une aumônière.


Parallèlement à cette aile Louis XII et séparée d'elle par une cour étroite, s'élevait à l'est le « Logis des Enfants royaux » qui a été rasé. On en remarque les substructions qui affleurent nettement au sol de la cour actuelle.


Celle-ci est limitée au nord par une galerie de quatre travées voûtées sur croisées d'ogives prismatiques s'insérant directement dans le parement des murs et des colonnes. Trois arcades en tiers-point la relient à la cour. Elle communique d'autre part avec la salle des Etats de l'aile Charles VIII par une large porte en arc brisé et à embrasure oblique. A l'est de cette galerie on accède au chemin de ronde de la tour des Minimes. Comme il a été dit plus haut, cette énorme tour qui tire son nom du monastère construit non loin d'elle, au pied du château, a été commencée par Charles VIII et terminée par François Ier. Elle est formée de deux enveloppes concentriques, entre lesquelles se déroule une rampe de cinq spires dont l'inclinaison permettait d'accéder à cheval au château. Ronde à l'extérieur avec un diamètre total de 20 mètres, elle a son noyau central à pans, percés de deux en deux de hautes fenêtres. L'ensemble de la rampe est couvert de voûtes sur croisées d'ogives, retombant sur des culs-de-lampe, simplement décorés, sauf les deux culots du départ qui figurent un homme à mi-corps et un dragon.


A la partie inférieure de la tour les clefs de voûte sont ornées de fleurons. Plus haut paraissent des motifs de décoration plus recherchée et variée : figures d'hommes ou d'animaux, initiales de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, armes de France. Dans une tête barbue coiffée d'une barette on a voulu voir le portrait de frère Giocondo, l'un des ingénieurs ramenés d'Italie par Charles VIII.


De la terrasse supérieure de la tour des Minimes, d'où la vue s'étend sur le panorama magnifique de la vallée de la Loire, on examinera la façade septentrionale de l'aile Charles VIII du château. Cette façade se développe entre la tour des Minimes à l'est et un corps de logis quadrangu-laire formant avant-corps et moins haut qu'elle, à l'ouest. Dans l'angle rentrant formé par elle et la tour, une tourelle octogonale couronnée d'une flèche contient un escalier desservant les différents étages de l'aile d'une part et relié à l'intérieur de la tour d'autre part. La façade comprend quatre étages dont l'inférieur en sous-sol, et simple moyen de défense avec mâchicoulis, est éclairé par une série de petites fenêtres rectangulaires. Au-dessus de lui et de bas en haut, paraissent les cinq arcades en plein cintre d'une galerie avec balustrade refaite, puis sept fenêtres à double croisée de pierre dont cinq éclairent la salle des Etats, et enfin le comble avec ses magnifiques lucarnes reconstituées.


Par l'escalier logé dans la tourelle de l'est, on accédera dans la galerie-promenoir du rez-de-chaussée, donnant sur la Loire par ses cinq arcades. Près de la porte reliant l'escalier à la galerie on remarquera un graffiti ancien, respecté par la restauration, le nom d'un Frantz Warm de Friburg et la date de 1614. La galerie a ses cinq travées voûtées sur croisées d'ogives. Du côté de la cour lui correspond une salle également de cinq travées voûtées. L'étage supérieur est occupé par la salle des Etats entièrement restaurée. Avant cette reconstitution elle avait été divisée en plusieurs chambres par des cloisons, et servit d'appartement à Abd-el-Kader. Elle comprend deux nefs de cinq travées voûtées sur croisées d'ogives retombant sur les chapiteaux de quatre élégantes colonnes. Elle est chauffée par deux grandes cheminées. Celle de l'ouest est entièrement neuve. Celle de l'est, la plus belle, avec ses pilastres et son bandeau décorés d'élégants rinceaux, présente des «témoins » anciens qui ont été conservés. Au-dessus d'elle un médaillon vide, non restauré, est entouré d'une guirlande de fleurs et de fruits. La salle des Etats, comme on l'a déjà constaté, communique par une grande porte en arc brisé avec la galerie du midi. Du côté de la Loire ses hautes fenêtres sont longées par un balcon bordé d'une balustrade en fer forgé qui date de la construction du bâtiment. D'après la tradition que rien ne prouve, les cadavres des conjurés huguenots de 1562 auraient été pendus à cette grille après leur exécution.


Les combles, qui furent eux aussi, antérieurement aux travaux de restauration, divisés en chambres par des cloisons, sont couverts par la charpente moderne.


A l'est des bâtiments qu'on vient de visiter s'étend une terrasse plantée d'arbres. Cette terrasse était occupée par un jardin à l'italienne qui fut dessiné par un clerc nommé IJacello, de Mercogliano, près de Naples, ramené d'Italie par Charles VIII. Louis XII compléta ces jardins par une galerie, élevée sur la courtine, du côté de la Loire. De cette galerie, qui a disparu, il ne reste que l'élégante porte en arc surbaissé qu'on voit à l'extrémité orientale de la terrasse. Son linteau, flanqué de deux pilastres ornés de rinceaux et soutenus par des culs-de-lampe, est orné du porc-épic, emblème de Louis XII. C'est par une erreur grossière de date qu'est née la légende, persistant encore, qui considère cette porte comme celle où Charles VIII s'est blessé mortellement.


Du côté méridional, la terrasse est limitée par un bâtiment ruiné, construit en brique et pierre, et qui faisait partie des bâtiments du chapitre de la collégiale Saint-Florentin. Cette construction semble pouvoir être datée du xiv° siècle.

 

L'église collégiale Notre-Dame-Saint-Florentin-du-Château qui a complètement disparu, se trouvait au sud-ouest de ce bâtiment, et sa façade se dressait un peu à l'ouest du monument érigé en 1869 à Léonard de Vinci. Elle fut fondée en 1014 par Sulpice de Buzançais, trésorier de Saint-Martin de Tours, sous le nom de Ecclesia Sanctae Mariae de Ambazia. Elle remplaça une église plus ancienne, élevée au même endroit et placée aussi sous le vocable de Notre-Dame.Reconstruite en 1030 par Foulques Nerra elle reçut les reliques de saint Florentin et fut dès lors dédiée à ce saint, en même temps qu'à la Sainte-Vierge. Elle fut érigée en 1044 en paroisse par Arnoul, archevêque de Tours. D'abord desservie par six chanoines et un chevecier, elle le fut à partir du xivc siècle par un chapitre de dix chanoines ayant à leur tête un doyen. Elle cessa d'être paroisse en 1484 quand fut consacrée la nouvelle église de Notre-Dame-en-Grève, élevée par ordre de Louis XI. Vendue nationalement en 1791, la collégiale devint en 1806 la propriété de Roger-Ducos qui la fit démolir complètement. 

L'église Saint-Florentin-du-Château était bâtie sur plan en forme de croix latine, avec nef, transept et abside. Le clocher s'élevait sur la croisée du transept. Des fenêtres en plein cintre éclairaient l'édifice épaulé en dehors par de robustes contreforts. Le pignon de la façade, percée d'une porte en plein cintre et d'une fenêtre de même dessin accompagnée de deux niches, était surmonté d'un clocheton en forme de campanile.


On continuera la visite du château par celle de la tour Hurtault dont l'intérêt archéologique et artistique est accru du fait qu'elle n'a pas été restaurée et nous est parvenue dans son état primitif assez bien conservé. Commencée par Charles VIII elle n'était pas achevée lors de son décès et fut terminée par Louis XII. L'aspect extérieur et la porte d'entrée inférieure en ont été décrits ci-dessus. De la cour du château, où accède sa rampe, on y pénètre par une très belle porte en arc surbaissé dont la voussure est ornée de feuilles. En haut des pieds-droits, au niveau de la retombée de l'arc, des culs-de-lampe soutiennent chacun un pilastre décoré de rinceaux et amorti par un chapiteau. Entre ces deux pilastres se développe une frise de rinceaux et de vases à fruits, dont le centre est meublé d'un écu taillé à la façon de la Renaissance. Elle repose sur une ligne de (lenticules et une guirlande de feuillages et est surmontée d'une corniche avec double rangée d'oves et de palmes.


Ronde à l'extérieur, comme la tour des Minimes, la tour Hurtault est polygonale à l'intérieur. La rampe, dont la pente est assez douce pour permettre la montée des cavaliers, décrit cinq spires autour d'un noyau central, polygonal et creux, qui était divisé en étages et servait de greniers à fourrages. Ce noyau a un diamètre de 6 mètres, la rampe est large de 3 m. 15. Beaucoup moins éclairée que celle de la tour des Minimes, cette rampe reçoit le jour d'étroites fenêtres en plein cintre. Elle est couverte d'une voûte dont les travées sont soutenues par des croisées d'ogives retombant sur des culs-de-lampe. Cette voûte est interrompue à la partie supérieure de la tour, soit qu'elle n'ait pas été terminée, soit qu'elle ait été détruite à cet endroit.


La décoration des culs-de-lampe est remarquable tant par sa variété que par son réalisme. Certains ont été malheureusement mutilés, victimes d'une pudibonderie regrettable. On remarque des animaux réels ou fantastiques, des personnages laïques, des moines, des hommes d'armes, un buveur, des marmousets, des têtes grimaçantes figurant les vices, et aussi des scènes tirées des lais et fabliaux, comme la légende d'Abailard et le lai d'Aristote chevauché par une courtisane.


Le rez-de-chaussée de la tour communiquait par une salle avec une galerie couverte longeant le coteau vers l'est et qui a disparu. Plus haut une porte donne accès à un réduit voûté, et la suivante à la loggia crénelée qui surmonte la poterne. Plus haut encore s'ouvrent des magasins creusés dans le rocher et un cachot. Enfin, avant d'arriver à la partie supérieure, une porte donne accès à une petite cour de plain-pied avec le sol du rez-de-chaussée conservé du logis de la Reine, qui s'étendait entre la tour Hurtault et la chapelle Saint-Hubert. 

 

Cet étage inférieur était à usage de servitudes et de cuisines. Il a été transformé par Louis-Philippe qui y installa ses écuries. Il est divisé en six travées voûtées d'un berceau brisé en brique. Dans la première de ces travées à l'est, on remarque du côté de la cour une porte condamnée d'où partait un escalier. Peut-être fut-ce là le théâtre du combat célèbre entre François Ier et un sanglier le 15 mai 1515. De la travée occidentale on regagne la cour inférieure et le couloir voûté qui a permis l'accès au château.

 

   

 

Faits historiques

 

> Comment est mort Charles VIII dans son château d'Amboise ? 

 

> A propos de la mort de Léonard de Vinci . Un tableau le représente mourant dans les bras de François 1er. 

 

  
Powered by Sigsiu.NET